About ANDP

Three of the most respected independent Arab newspapers are the core partners of the Arab Newspaper Development Programme. The An-Nahar newspaper in Lebanon, El Watan in Algeria and Egyptian publisher Hisham Kassem have all embarked on projects to find innovative ways to renew their media outlets and the Arab media scene in general. In a special section of the APN website they share their experiences, challenges and lessons learnt.

ANDP is funded by the Cairo-based Danish-Egyptian Dialogue Institute

Nouveau média : comment convaincre les annonceurs

Un an après sa création, la WebTV du quotidien libanais An-Nahar cherche aujourd’hui à attirer de potentiels annonceurs. AnnaharTV publie quasi quotidiennement  une vidéo d’environ trois minutes, sur des sujets très variés, allant de la politique au divertissement, en passant par le tourisme. Eamonn Byrne, consultant pour le Programme de Développement des Journaux Arabes, s’est rendu à Beyrouth fin Janvier 2010 pour les aider dans ce nouveau projet. Il s’agit de convaincre les annonceurs d’investir dans un spot publicitaire de quelques secondes, qui serait visionné avant le lancement de la vidéo.

Le défi est de taille. « Nous avons énormément de difficultés à attirer des annonceurs. Il est difficile de convaincre les annonceurs d’investir dans quelque chose qu’ils ne connaissent pas », explique Wadih Tuéni, responsable de la chaîne internet. Pionnière dans la région, AnnaharTV compte pourtant de nombreux spectateurs. Chaque vidéo est visionnée en moyenne 7,000 fois.

Eamonn Byrne, conscient de la difficulté de l’entreprise, explique sa stratégie : « Dans ce cas-là, il faut retourner à la base de la raison pour laquelle les gens achètent un espace publicitaire : ils achètent l’opportunité de s’adresser à une personne et de lui transmettre un message. A partir de ce constat, il devient très simple de démontrer la valeur de n’importe quel média. Il suffit de comparer les chiffres : combien de gens vous pouvez atteindre et combien cela va vous coûter. »

Il faut donc mettre en confiance le client, en lui assurant un retour sur investissement. Ici, le prix est fixé pour une première tranche du nombre de vues, un second pallier engendre une seconde facture, et toutes les vues supplémentaires sont ensuite gratuites. Dernière garantie, si le premier pallié n’est pas atteint, la différence est remboursée. Autant de mesures sensées rassurer l’annonceur qui s’engage dans une démarche innovante.

« En obligeant les annonceurs à repenser à pourquoi ils achètent de l’espace publicitaire, on les pousse à dépasser leurs préjugés, à sortir de leur logique d’investissement traditionnelle », selon Eamonn Byrne.  Pour l’instant, AnnaharTV a commencé à discuter avec de nombreux annonceurs, mais aucun contrat n’a encore été signé. « Une fois qu’on aura un premier client, cela rassurera les autres ». Wadih Tuéni en est convaincu.

Comme tout nouveau marché, la question qui se pose est celle du juste prix. « Il est toujours difficile d’évaluer le prix d’un nouveau média. Il n’y a pas de modèle sur lequel prendre exemple. Il faut prendre en compte, en plus du prix au nombre de vues, l’avantage spécifique de ce média. » Pour Eamonn Byrne, une webTV a l’avantage non négligeable que la publicité est forcément vue par le spectateur, contrairement à une simple bannière en haut d’une page web. L’annonceur ne paie que pour le nombre de fois que sa publicité est visionnée. Le retour sur investissement est donc garanti.

Byrne explique comment il a procédé pour établir une grille de prix : « J’ai comparé les prix du marché déjà existants de la publicité (presse papier et internet), y ai ajouté la valeur spécifique à ce média en prenant en compte ce que le marché pouvait supporter. » Wadih Tuéni a lui jugé cette grille trop élevée ; et a décidé de baisser les prix pour attirer les clients. « C’est un pari qu’il fait ici, selon Byrne, s’il réussit à attirer de nombreux annonceurs, tant mieux. Mais une fois que le marché est habitué à un prix, il n’en acceptera pas de un plus élevé par la suite. »

Malgré les difficultés et les incertitudes inhérentes à tout projet pionnier, Wadih Tuéni pense déjà à ce qu’il va faire des premiers profits engrangés : « Nous espérons déjà couvrir nos propres dépenses. Si les profits s’avèrent plus conséquents, nous aimerions créer notre propre serveur pour ne plus dépendre de Youtube. » En effet, le site héberge certes gratuitement les vidéos, mais affiche ses propres bannières de publicités, profitant des visites d’AnnaharTV.

Quant à Eamonn Byrne, il croit au potentiel de ce nouveau média : « Les webTV ont un important potentiel, car elles apportent la valeur de la publicité télévisuelle aux éditeurs web, leur offrant l’opportunité de devenir réellement multimédia dans leur offre aux annonceurs. Il a été démontré qu’une publicité combinée sur les supports papiers, web et vidéo est plus rentable que la simple addition de ces trois médias. »

L’ancien modèle est mort

L’éditeur égyptien Hisham Kassem a inauguré une nouvelle ère de débat politique ouvert en Égypte lorsqu’il a lancé le quotidien indépendant Al Masry Al Youm en 2004. Avec l’arrivée d’un nouveau quotidien prévue pour l’année prochaine, Kassem espère une fois de plus bouleverser le journalisme égyptien.

ANDP : Pourquoi avez-vous décidé de lancer un nouveau journal ?

Hisham Kassem : En février 2007, je suis arrivé à la fin du voyage avec Al Masry Al Youm, le journal indépendant que j’avais lancé en 2004. Le type de publication que j’ai aujourd’hui en tête aurait nécessité une restructuration majeure et une convergence de la salle de rédaction d’Al Masry Al Youm, ce qui aurait pris plusieurs années avant d’être mis en place. Il serait plus facile de repartir de zéro que d’essayer de transformer le journal actuel. Faire équipe avec l’AMJ et ses consultants a représenté une immense opportunité dans la réalisation de ce projet.

ANDP : Comment avez-vous défini vos objectifs dans ce projet ?

HK : Mon objectif était de passer de la couverture de l’actualité de la veille au journalisme d’investigation, ce qui nécessitait une salle de rédaction convergente. Les journaux du monde entier commencent à opérer ce changement. Ceux qui échouent mettent la clé sous la porte. Comme l’affirme [le consultant en médias David] Brewer, les journaux tels que nous les connaissons sont morts. Il demeure important de produire des journaux. Mais il est tout aussi crucial de produire des éléments audio et vidéo et de proposer une offre pour les téléphones portables également. Avec ce nouveau journal, j’espère toucher quatre millions d’internautes par jour.

ANDP : Quels défis et quelles opportunités avez-vous rencontrés ?

HK : Nous avons lancé Al Masry Al Youm en 2004 et son site Internet un an plus tard. Cette fois, nous commencerons avec le site Internet. Les aspects de connectivité et d’interactivité sont cruciaux. La situation dans le monde arabe est particulière. Soixante pour cent de la population a moins de 25 ans et le degré d’alphabétisation est élevé. Le retour en force des médias indépendants a un impact très net sur notre région. Le taux de liberté est plus élevé, comme nous avons pu le voir pendant les événements en Iran. Les gens sont très informés et il n’est plus possible d’étouffer l’information comme autrefois. La crédibilité de la presse s’en est vue améliorée et elle suscite plus d’intérêt également.

ANDP : Pouvez-vous décrire votre coopération avec les consultants ?

HK : Je dois admettre que j’ai appris beaucoup auprès d’eux et je me sens maintenant capable de partager ce savoir-faire avec d’autres journaux et éditeurs de la région. Ils m’ont enseigné les rudiments du journalisme dirigé et les structures de base qu’il requiert dans une salle de rédaction ; cette approche sera mise en œuvre dans le nouveau journal à son lancement en début d’année prochaine. Concernant le plan de développement, nous avons cherché ce qui manquait dans le journalisme égyptien et nous l’avons introduit dans le plan.

ANDP : Tel que ?

HK : En dehors de la promotion des libertés civiques, des droits humains, de l’exactitude de l’information, etc., nous désirons souligner l’importance de la couverture de l’actualité artistique et scientifique. Al Masry Al Youm a inauguré une nouvelle ère de débat politique ouvert dans le paysage égyptien. Mais, par exemple, on n’a pratiquement pas parlé de l’histoire du big-bang du CERN l’année dernière, et la raison est que nous n’avons pas de journaliste scientifique en Égypte.

ANDP : Comment encouragez-vous les talents ?

HK : On doit leur enseigner tout depuis le début. Avec le nouveau journal, l’idée est de recruter de jeunes journalistes qui exercent ce métier pour la première fois et de les former. L’AMJ encourage l’excellence dans le journalisme et c’est ce que je vise en Égypte. Diriger un journal représente bien plus qu’écrire un article, c’est un projet civilisationnel.

ANDP : Quels conseils donneriez-vous aux journaux de la région et comment faire face aux réalités en mutation permanente du journalisme ?

HK : Optez pour la salle de rédaction convergente, l’ancien modèle est mort. C’est un changement inévitable. Comprenez que l’élément Internet est important, qu’il constituera une source additionnelle de revenus. Certains seront incapables de s’adapter à cette nouvelle tendance. Dans les années 1980, la devise était Adieu Gutenberg. Aujourd’hui, c’est adieu au journalisme tel que nous le connaissons.

Entretien avec une journaliste reporter d’images à An-Nahar

« Nous couvrons les mêmes sujets que les médias traditionnels, mais nous tentons de les développer différemment », explique Joanna Jarjoura, journaliste reporter d’images à AnnaharTV. Joanna Jarjoura a rejoint l’équipe d’AnnaharTV il y a quelques mois, tout juste sortie de l’école. Elle est diplômée en audiovisuel et affirme avoir été immédiatement séduite par l’idée de réaliser des vidéos pour AnnaharTV.

« An-Nahar est un des journaux parmi les plus crédibles au Liban, c’est pourquoi j’étais très enthousiaste à l’idée de travailler ici, et je le suis toujours. Bien que la politique soit le thème principal du journal Annahar, cela m’intéressait de couvrir d’autres sujets pour le Web en plus de la politique. Faire partie des membres fondateurs de l’équipe de télévision Internet constitue une opportunité unique. J’ai été témoin de sa naissance, je peux la modeler avec mes collègues et l’observer se développer. »

ANDP : Quels ont été les défis à relever pour vous personnellement ?
JJ: Annahar a une identité politique forte que nous devions respecter. J’ai donc dû apprendre dans ce domaine et me tenir informée de la situation actuelle au Liban. Cela a représenté un défi pour moi parce que je n’avais jamais suivi la vie politique très attentivement auparavant. À AnnaharTV, nous apprenons chaque jour à être diligents et créatifs. Nous couvrons les mêmes sujets que les médias traditionnels, mais nous tentons de les développer différemment.

ANDP : Pouvez-vous nous décrire une journée de travail classique ?
JJ: Pour nous, il n’y a pas de journée de travail classique. Chaque jour, nous avons une mission différente, un lieu, des personnes, un sujet différents. Parfois, nous savons exactement ce que nous allons filmer, et parfois, nous serpentons les rues à la recherche de sujets. Une des missions sur lesquelles j’ai travaillé consistait à interviewer des partisans de différents partis politiques juste avant les élections législatives de cette année. Nous avons discuté avec les gens dans la rue, les cafés, les restaurants. Nous leur avons demandé quels étaient leurs pronostics, s’ils s’inquiétaient pour leur sécurité, s’ils avaient l’intention de voter ou non, etc. Nous avons également tourné différents spots à caractère politique et ajouté une chanson libanaise sarcastique du satiriste Ziad Rahbani en fond sonore : « Oum fout nam w sir hlam ennou baladna sarit balad » [Allez dormir et rêvez que notre pays devient un vrai pays].

ANDP : Décrivez le processus de production de vidéos, de l’idée de départ à la publication sur Internet.
JJ: D’abord, nous choisissons le sujet à couvrir, qu’il touche à la politique, à la culture, à l’économie, ou au sport, etc. En général, il s’agit d’un sujet d’actualité. Puis nous appelons des gens, nous prenons des contacts, nous réunissons notre équipement et nous nous tenons prêts à tourner. Nous menons les interviews, les micros-trottoirs, nous filmons quelques scènes, puis nous rentrons au bureau pour monter la vidéo et la bande-son. Enfin, nous la publions sur www.youtube.com/AnnaharTV.

ANDP : Comment se passe la coopération avec les journalistes traditionnels du journal ? Sont-ils sceptiques ou ont-ils envie d’apprendre ?
JJ: Les journalistes sont serviables et enthousiasmés par notre projet. Ils montrent une réelle volonté d’apprendre, mais ils veulent surtout nous informer en matière de politique et d’économie au Liban. Pour eux, c’est l’occasion de transmettre des informations.

ANDP : Pourquoi est-ce important de développer le vidéo-journalisme dans le monde arabe ?
JJ: En tant que vidéo reporters, nous devons être journalistes, réalisateurs et monteurs à la fois. Nous recherchons une idée, puis une manière intéressante de la développer, comme le font les reporters classiques. Il est important de développer le journalisme Web dans le monde arabe, parce que les pays arabes sont connus pour ne pas être très ouverts et pour la censure qui y sévit. Le journalisme Internet étend notre portée et nous permet de nous exprimer plus librement. J’espère que notre chaîne continuera de se développer et touchera encore plus de Libanais dans le monde entier, ainsi que des non-Libanais. AnnaharTV travaille dur pour que son public reste au fait de l’actualité au Liban. Ne ratez pas nos meilleures vidéos tous les jours.

لقاء مع صحفية فيديو في جريدة النهار

تقول جوانا جرجورة، صحفية الفيديو لدى “تلفزيون النهار”: “نحن نناقش مواضيع تشبه تلك التي يغطيها الإعلام  التقليدي، غير أننا نحاول تطويرها بصورة مختلفة”.

كانت جوانا جرجورة قد التحقت بفريق “تلفزيون النهار” قبل بضعة أشهر، حال مغادرتها لمقاعد الدراسة، فهي خريجة قسم الفنون السمعية-المرئية، وتقول إن فكرة إنتاج أشرطة الفيديو لـ”تلفزيون النهار” استهوتها في الحال.

صحيفة “النهار” اللبنانية، بحسب جوانا، “هي إحدى أكثر الصحف مصداقية في لبنان، ولذلك كنت متحمسة بالتأكيد للعمل معها، ولا زلت متحمسة حتى الآن. وعلى الرغم من أن السياسة هي الموضوع الرئيس للصحيفة إلا أنني كنت مهتمة بتغطية مواضيع أخرى إلى جانب القضايا السياسية للبث عبر شبكة الإنترنت. إن كوني أحد الأعضاء المؤسسين في فريق البث التلفزيوني الشبكي هي فرصة لا نظير لها، فقد شهدت ولادة ’تلفزيون النهار‘ وأستطيع أن أشكّل ملامحه مع زملائي في العمل وأن أرقبه ينمو ويكبر”.

برنامج تطوير الصحف العربية: ما هي التحديات التي واجهتيها شخصيا؟

جوانا جرجورة: لصحيفة “النهار” هوية سياسية قوية كان علينا أن نحترمها، ولذلك فقد كان من اللازم أن أتعلم أشياء في السياسة بنفسي وأن أواكب الوضع الجاري في لبنان، وكان ذلك تحديا بالنسبة لي لأنني لم أكن قد تابعت الحياة السياسية عن كثب في السابق قط. نحن في “تلفزيون النهار” نتعلم أن نكون سريعين وخلاقين في كل يوم يمر، ونناقش مواضيع تشبه تلك التي يغطيها الإعلام التقليدي، ولكننا نحاول تطويرها بصورة مختلفة.

برنامج تطوير الصحف العربية: صفي لنا يوم عمل نموذجيا

جوانا جرجورة: ليس هناك يوم عمل نموذجي بالنسبة لنا، ففي كل يوم لدينا مهمة مختلفة ومحل عمل وناس وموضوع مختلفون. أحيانا نعرف بالضبط ماذا نصوّر، وأحيانا أخرى نجوب الشوارع بحثا عن قصص إخبارية. بعض الواجبات التي عملت فيها تضمنت إجراء مقابلات مع مناصري أحزاب سياسية مختلفة قبيل الإنتخابات البرلمانية هذه السنة. تحدثنا مع الناس في الشارع وفي المقاهي والمطاعم، وسألناهم من سيفوز في إعتقادهم، وما إذا كانوا خائفين من الوضع الأمني، وما إذا كانوا على استعداد للتصويت أم لا، وغير ذلك. قمنا أيضا بتصوير إعلانات سياسية مختلفة وأضفنا كخلفية موسيقية للشريط أغنية سياسية ساخرة للفنان الناقد زياد رحباني ، تقول “قوم فوت نام وصير احلم أنّو بلدنا صارت بلد”.

برنامج تطوير الصحف العربية: صفي لنا كيف تنتجين شريط الفيديو، من ولادة الفكرة إلى تعليقه في شبكة الإنترت؟

جوانا جرجورة: نختار أولاً قصة لنغطيّها، سواء أكانت سياسية، أو ثقافية أو اقتصادية أو رياضية، إلخ،  تدور في الغالب حول شيء جار ٍ حاليا، ثم نهاتف الناس ونجري اتصالات ونأخذ معداتنا ونستعد للتصوير. ننجز المقابلات والحوارات مع “رجل الشارع” ونصوّر بعض المشاهد ثم نعود أدراجنا إلى المكتب لتحرير الشريط المصور والصوتي، وفي النهاية نقوم بتحميله في موقع www.youtube.com/AnnaharTV.

برنامج تطوير الصحف العربية: ما هو شكل التعاون مع الصحفيين التقليديين في الصحيفة؟ هل هم متشككون أم راغبون في التعلم؟

جوانا جرجورة: الصحفيون متعاونون مع مشروعنا ومنفعلون به، وهم بالتأكيد راغبون في التعلّم، ولكن غالبيتهم ترغب أن تعطينا دروسا حول المسائل السياسية والإقتصادية في لبنان، فالأمر بالنسبة لهم يتعلق بفرصة لكتابة القصص الإخبارية.

برنامج الصحف العربية: لماذا من الهام تطوير صحافة الإنترنت في العالم العربي هذه الإيام؟

جوانا جرجورة: بصفتنا صحفيي فيديو، علينا أن نكون مراسلين ومخرجين ومحررين، دفعة واحدة. نبحث عن القصة ثم نجد طريقة لتطويرها بشكل يثير الإهتمام، تماما مثلما يفعله المراسلون التقليديون. من الهام تطوير صحافة الإنترنت في العالم العربي لأن البلدان العربية غير معروفة ربما بكونها متفتحة جدا، والرقابة مسألة مطروحة بالتأكيد. إن صحافة الإنترنت توسّع نطاق اتصالاتنا وتتيح لنا فرصة التعبير عن أنفسنا بحرية أكبر، وأنا آمل في أن تواصل قناتنا التلفزيونية نموها وتصل إلى عدد أكبر من اللبنانيين المنتشرين في العالم، وإلى غير اللبنانيين كذلك. “تلفزيون النهار” يسعى جهده لإطلاع جمهورنا على مجريات الحياة في لبنان أولاً بأول. فتابعونا  لتشاهدوا أفضل أشرطة الفيديو كل يوم.

المخطط التمهيدي لمشروع برنامج تطوير الصحف العربية مع صحيفة النهار

وديع تويني، مدير تكنولوجيا المعلومات في صحيفة “النهار” البيروتية، لبنان، وديفيد بروير، مستشار إستراتيجية الإعلام في مجموعة الأفكار الإعلامية الدولية المحدودة، التقيا في معرض المؤتمر الذي نظّمه الإتحاد العالمي للصحف (WAN) في السويد مطلع شهر يوليو/تموز سنة 2008، من أجل تحديد معالم إنخراط صحيفة “النهار” في استراتيجية برنامج تطوير الصحف العربية الذي يرعاه الإتحاد المذكور ووضع خطة لذلك، وخلصت تلك الجلسة الإستشارية إلى ما يلي:

المهمة

ينبغي لصحيفة “النهار” أن تثبت كيف يكون في مستطاع صحيفة يومية أن تتوسع لتصبح محطة للبث عن طريق منتوجين جديدين هما: “راديو النهار” و”تلفزيون النهار”.

راديو النهار

بث إذاعي على مدى 30 دقيقة في اليوم، يقدَّم بطريقة تتيح تنزيله من موقع صحيفة “النهار” على شبكة الإنترنت، ويتضمن الفقرات التالية: عناوين الأخبار، أعمدة صحفية، لقاءات مع “رجل الشارع”.

تلفزيون النهار

شريط فيديو لمجموعة من المضامين بمدة 30 دقيقة يُعرض بشكل إنسيابي من صفحة تنشؤها صحيفة “النهار” لاحقا في موقع “يوتيوب” ويتضمن الفقرات التالية: مقاطع إخبارية مصورة، لقاءات مع “رجل الشارع”، إعلانات.

الجمهور

المغتربون اللبنانيون (وخاصة أولئك الذين فقدوا القدرة على قراءة اللغة العربية، مع أنهم يستطيعون فهمها سمعيا)، جيل “يوتيوب” من الشباب، أولئك الذين يستهلكون المادة الإخبارية عن طريق تنزيلها وخزنها لمشاهدتها وقتما يشاؤون

الوسائل

ستتعاقد صحيفة “النهار” مع ثلاثة صحفيين/محررين متخصصين في وسائط الإعلام المتعددة لأجل تشكيل فريق صغير يتولى تسجيل وتحرير المواد وقراءة  التعاليق الصوتية المرافقة لشريط الصور عند الإقتضاء.

وسيتكلف الفريق المذكور بالمهام التالية: تسجيل صوتي لأخبار اليوم الرئيسة العشرة مع عناوينها وموجزاتها، تسجيل صوتي للتقارير التي يحررها أكثر كتاب صحيفة “النهار” شعبية، مرافقة المراسلين الذين يغطون بعض الأخبار الرئيسة ويعدون التقارير المصورة، دبلجة فقرة لقاءات مع “رجل الشارع” التي يبثها التلفزيون لإذاعتها في الراديو، التعاون في تحرير برنامج البث الإذاعي الذي يستغرق 45 دقيقة، التعاون في تحرير التعاليق الصوتية المرافقة للتصوير وقراءتها لعرضها الإنسيابي التلفزيوني على مدى 30 دقيقة، تحميل المواد إلى مجهّز الخدمة الإلكترونية وموقع “يوتيوب” وتوفير الروابط الإلكترونية مع صفحة صحيفة “النهار” الرئيسية على شبكة الإنترنت.

العمليات

سيكون فريق وسائط الإعلام المتعددة تحت إدارة وديع تويني، مدير تكنولوجيا المعلومات في صحيفة “النهار”، وسيعمل بصورة مباشرة مع مكتب الإخبار الرئيسي.

يراجع أعضاء الفريق مكتب الأخبار مرتين في اليوم للتعرف على الأخبار الواردة وكيفية تطورها.

يكون هدف الفريق تجهيز النشرات الإذاعية والتلفزيونية لإذاعتها وعرضها يوميا.

عند انتهاء مدة المشروع مع برنامج تطوير الصحف العربية/الإتحاد العالمي للصحف، ستكون صحيفة “النهار” قادرة على إنشاء منتوجين يعتمدان على التمويل الذاتي، وسيكون لديها عندئذ فريق صغير متمرس في مجال الأعلام المتعدد الوسائط وجاهز للإرتقاء بهذين المنتوجين إلى المستوى اللاحق. سيتمثل قسم من عمل هذا الفريق في تدريب صحفيي “النهار” على تجميع الأخبار بالوسائط الإعلامية المتعددة لغرض رفع مهارة طاقم العاملين في الصحيفة وكذلك لإنتاج مواد إضافية لإذاعتها وعرضها.

وفي آخر الأمر، سيكون هناك بث إذاعي وتلفزيوني لكل واحد من المجالات الإخبارية التي تقدمها المؤسسة: الرياضة والإقتصاد والشؤون المحلية، وغير ذلك.

المبادىء الأساسية

يجب ألا يؤدي هذا المشروع إلى ما يلي: الإضرار بالعمل الرئيس لصحيفة “النهار”، تحويل وجهة أي مورد من الموارد عن العمل الرئيس لصحيفة “النهار”، صرف انتباه فريق التحرير عن محطات عمله الحالية، الإضرار بعلامة صحيفة “النهار” واسمها.

يجب أن يكون المشروع كما يلي: ذاتي التمويل تماما، يعزز علامة الصحيفة وسمعتها، قادر على دفع تكاليفه بنفسه، يولد ريعا إضافيا، يوسع نطاق جمهور الصحيفة.

Visite d’AnnaharTV en Scandinavie

Pour les jeunes journalistes reporters d’images en voyage d’étude dans le monde de la presse scandinave au mois de septembre, ce fut probablement pour certains le premier voyage à l’étranger. Mais ce qu’ils retiendront de ce séjour de six jours, c’est à quel point les conditions de production d’une chaîne télévisée sur Internet sont similaires, que ce soit en Suède, au Danemark… ou au Liban.

« Peut-être avez-vous plus de choses à nous apprendre que l’inverse », a déclaré Troels Behrendt Jørgensen, directeur Web du quotidien danois Berlingske Tidende, en accueillant l’équipe d’AnnaharTV à Copenhague. Nous avons vu vos reportages vidéo et leur qualité égale certainement, voire surpasse, celle des nôtres. »

L’équipe d’AnnaharTV est composée des journalistes reporters d’images Nour Hatem, Joanna Jarjoura, Tinia Nassif et du directeur de la rédaction Wadih Tueni. Lors de leur visite au Berlingske Tidende, une comparaison a été établie entre les deux pays concernant le fonctionnement détaillé de la production de télévision en ligne et sa coexistence parfois difficile avec la presse imprimée. Des expériences et obstacles similaires ont été signalés à plusieurs reprises.

Par exemple, les deux équipes ont dû affronter la résistance des reporters plus habitués à tenir un stylo qu’une caméra numérique. Tout comme les deux camps ont dû faire face à la résistance des annonceurs. Ce dernier point est particulièrement rassurant pour Wadih Tueni d’AnnaharTV.

« Il semble que nous soyons tous contraints de monétiser, mais jusque-là nous n’entrevoyons pas encore de modèle viable, explique Wadih Tueni, pas même dans les pays les plus développés. Nous avançons tous à l’aveuglette. »

Berlingske Tidende réalise des efforts considérables pour intégrer l’élément audiovisuel partout dans le journal.

« Tous nos reporters ont un téléphone portable multimédia sur eux et on les encourage à enregistrer des petites vidéos qu’ils publient ensuite sur Internet, explique Søren Lorenzen, directeur télévision sur Internet. Nous encourageons aussi nos photographes de plateau à en faire autant. »

Les reporters Web du quotidien danois Politiken étaient occupés à préparer l’édition du jour lorsque l’équipe d’AnnaharTV est arrivée en visite. Ils ont fini par rejoindre un journaliste de Politiken qui filmait un concours de chiens renifleurs dans la banlieue de Copenhague. Mis à part un équipement légèrement plus sophistiqué, les journalistes reporters d’images libanais travaillent dans les mêmes conditions que leurs collègues danois.

« On nous a félicités pour la qualité supérieure de nos images parce que nous utilisons le format HD, a avancé Joanna Jarjoura, mais en dehors de cela, nos activités quotidiennes sont très ressemblantes. »

Haute définition ou HD correspond à un format de résolution supérieure au format standard et fournit donc des images plus claires et plus détaillées.

En Suède, les vidéo reporters libanais ont suivi une journaliste du Göteborgsposten jusqu’au studio, pendant qu’elle enregistrait un commentaire en voix off et montait son dernier reportage vidéo. Dans celui-ci, on voit un travesti en train de se mesurer à un des champions de course de Göteborg, perché sur des chaussures à talons hauts et … remporter la course.

« On ne verra jamais ce type de reportage au Liban », plaisante Nour Hatem.

Mais les imagistes libanais n’en ont pas pour autant manqué le message. Dans le monde de la télévision sur Internet, plus l’histoire est excentrique, mieux c’est.

Et plus c’est bref, mieux c’est aussi.

« Nous devons considérablement raccourcir nos vidéos », reconnaît l’imagiste Tinia Nassif, abordant un sujet sensible pour tous les journalistes du monde : la tâche difficile de tuer ses chéris.

Peu maîtrisent aussi bien cet aspect que le tabloïd suédois Aftonbladet. Avec un site de télévision sur Internet qui dépasse de loin tout ce qui existe en matière de connexions et de nombre de visiteurs uniques, l’équipe d’Aftonbladet élève la capacité d’attirer l’attention des internautes au rang d’art.

« Nous devons susciter l’intérêt de nos visiteurs pour faire en sorte qu’ils cliquent sur ce lien, explique Nicklas Hermansson, directeur éditorial. Un format manchette peut lasser très rapidement, nous devons donc nous renouveler en permanence. Les gens ont beaucoup moins de patience en surfant sur Internet qu’en regardant la télévision. »

Elsa Falk, directrice de télévision sur Internet, est déterminée à placer la page d’accueil d’Aftonbladet TV en première position et à faire de ce site le portail le plus visité en Suède (il est actuellement quatrième). Mais elle assiste à la formation d’une force concurrente sérieuse.

« Nous serons dépassés par la société nationale de radiodiffusion et télévision SVT dans quelques années. Nous ne faisons pas le poids face aux ressources dont elle dispose. »

Pour le moment, toutefois, Falk et l’équipe de télévision d’Aftonbladet sont déterminées à mettre les bouchées doubles.

À la fin de la visite, la conversation a inévitablement porté sur l’aspect financier. Générer des revenus en territoire peu familier représente un défi majeur ; Wadih Tueni estime que le rôle de l’équipe de vente est primordial.

« Actuellement, la communauté des affaires au Liban, comme partout ailleurs dans le monde, n’est pas convaincue de la nécessité de faire de la publicité sur la télévision sur Internet. Au final, il existera un format universel que les annonceurs pourront utiliser pour la télévision classique ou la télévision sur Internet. Les coûts seront réduits et, avec un peu de chance, la transition sera facilitée. Mais nous devons affûter nos arguments de vente, convaincre nos clients que la télévision sur Internet est la bonne voie à suivre. C’est ce sur quoi nous devons nous concentrer à l’instant présent. »

Élargir nos horizons sur Internet

« Un des aspects que je préfère dans mon métier, c’est aider les gens à se faire entendre, déclare Tinia Nassif, un des trois journalistes reporters d’images à AnnaharTV au Liban. Il est très important selon moi de développer le vidéo-journalisme dans le monde arabe parce que les pays arabes doivent encore faire des progrès ; nous devons élargir nos horizons tout en conservant les traditions magnifiques qui rendent cette culture unique. »

ANDP : Le célèbre vidéo reporter David Dunkley s’est rendu récemment dans les bureaux du journal An-Nahar. Quels enseignements avez-vous tirés de lui ? Comment cette visite a-t-elle affecté votre façon de travailler ?

Tinia Nassif : La première chose que j’ai remarquée chez David est à quel point c’est un homme passionné. En voyant cela, je me suis aperçue que je passais à côté de quelque chose et à quel point mon métier était vide de passion depuis que j’ai commencé à l’exercer. C’est ce qui a fait toute la différence pour moi. Sans passion, rien n’a de sens.

Il nous a fait voir les choses sous un angle différent, ce qui était très intéressant et, manifestement, nous en avions grandement besoin. J’ai appris à élargir mes horizons, à ne pas rester enfermée dans une boîte, mais à réfléchir en dehors de celle-ci. Nous avons réalisé un exercice dans lequel David m’a montré comment il travaille, puis je lui ai montré comment je travaille. Il a mis le doigt sur quelques erreurs et m’a fait voir les choses sous un autre angle. J’essaie d’améliorer mes vidéos et de les réaliser différemment depuis qu’il a partagé quelques-uns de ses secrets avec nous. Et depuis, non seulement le nombre de personnes qui regardent mes vidéos est en augmentation jour après jour, mais je reçois constamment aussi des messages de ces personnes qui me disent à quel point elles les apprécient et à quel point elles sont importantes pour elles. C’est la meilleure des récompenses.

ANDP : Quel était votre état d’esprit lorsque vous avez rejoint l’équipe d’AnnaharTV ?

TN : Tout ce que je savais à propos d’An-Nahar, c’est que c’était un des journaux les plus importants en ville. Il jouit d’une bonne réputation et l’opportunité d’y travailler constituait un plus indéniable sur mon curriculum vitae. Faire partie de l’équipe qui a créé sa télévision sur Internet a été une expérience palpitante, d’autant plus qu’il s’agit d’une première au Moyen-Orient, ce qui fait de moi un des premiers journalistes reporters d’images de la région.

ANDP : Quels ont été les défis à relever pour vous personnellement ?

TN : Cela peut paraître étrange, mais mon plus gros défi a été de maîtriser ma timidité. Je suis très timide, mais je le cache bien. C’est encore une épreuve pour moi de parler avec des personnes prises au hasard dans la rue. À part cela, nous avons encore beaucoup à faire pour que cela fonctionne correctement, mais je suis sûre que nous y arriverons.

ANDP : Quel est le dernier projet sur lequel vous avez travaillé ?

TN : Ma dernière mission portait sur le Festival de Beiteddine. Beiteddine est un village de montagne au Liban qui possède un château très ancien, et où chaque été un festival est organisé avec des musiciens et des artistes du monde entier. J’assiste à ce festival depuis mon enfance. Cette année, le comédien français Gad Elmaleh devait venir faire un spectacle, mais il a été contraint d’annuler pour des raisons politiques. J’ai interviewé l’organisateur du festival à ce sujet. Le Festival de Beiteddine est censé ouvrir le Liban sur des cultures différentes et s’adresse aux touristes également. Certains Libanais ont refusé d’accueillir Gad au Liban, et c’est dommage.

ANDP : Décrivez étape par étape le processus de production de vidéos, de l’idée de départ à la publication sur Internet.

TN : Une fois qu’une idée fait surface, je commence à avoir des images en tête. Je prends les contacts dont j’ai besoin, j’organise des interviews et je les filme. Lorsque je filme, les images que j’ai en tête deviennent bien sûr plus claires, et je commence à réfléchir au montage. Parfois, je filme plus que je n’en ai besoin, chose que je dois cesser de faire, sinon David ne serait pas content. Lorsque j’ai fini de filmer, je rentre au bureau et je commence le montage. Puis je travaille sur le son, j’ajoute de la musique lorsque cela est nécessaire, j’arrange, j’exporte et j’envoie. J’essaie aussi d’écrire un texte accrocheur pour YouTube afin d’attirer les internautes.

ANDP : Que préférez-vous dans votre métier ?

TN : Ce que je préfère dans mon métier, c’est aider les gens à se faire entendre, comme les ONG par exemple. Le deuxième aspect que je préfère est rencontrer beaucoup de personnes formidables et passer le moins de temps possible au bureau.

ANDP : Comment se passe la coopération avec les journalistes traditionnels du journal ? Sont-ils sceptiques ou ont-ils envie d’apprendre ?

TN : Les journalistes avec qui je travaille sont des gens extraordinaires qui respectent mon travail et le considèrent tel qu’il est : une manière différente de couvrir l’information et non un moyen de faire disparaître leur métier. Certains montrent un grand intérêt dans ce que nous faisons, ils regardent nos vidéos aussi souvent que possible, essaient de nous donner des avis ou des idées ou offrent leur aide quand nous en avons besoin. D’autres journalistes qui n’aiment pas trop l’idée d’une télévision sur Internet considèrent notre projet plus ou moins comme une perte de temps. Mais aucun ne pense que nous sommes en train de leur voler leurs emplois, à ma connaissance.

ANDP : Pourquoi est-ce important de développer le vidéo-journalisme dans le monde arabe ?

TN : Il est très important selon moi de développer le vidéo-journalisme dans le monde arabe parce que les pays arabes doivent encore faire des progrès ; nous devons élargir nos horizons tout en conservant les traditions magnifiques qui rendent cette culture unique. Je suis fière de faire partie du projet de télévision sur Internet au Liban, le premier pays au Moyen-Orient à démarrer quelque chose de différent et d’unique, et j’espère que cela ne s’arrêtera pas là.